FR/BG 11

Revision as of 19:32, 28 July 2020 by Anurag (talk | contribs) (Bhagavad-gita Compile Form edit)
(diff) ← Older revision | Latest revision (diff) | Newer revision → (diff)



Prabhupada's purports can be seen by clicking on the verse link

TEXT 11.1: Arjuna dit: Parce qu’avec bonté Tu m’as révélé Tes enseignements sur les sujets spirituels les plus secrets, mon illusion s’est maintenant dissipée.

TEXT 11.2: De Tes lèvres mêmes, ô Seigneur aux yeux de lotus, j’ai appris en détail ce que sont l’apparition et la disparition des êtres vivants. J’ai réalisé que Tes gloires sont infinies.

TEXT 11.3: Ô Personne Suprême, ô forme souveraine, je Te vois devant moi tel que Tu es, tel que Tu T’es décrit, mais j’aimerais voir la forme avec laquelle Tu pénètres l’entière manifestation cosmique.

TEXT 11.4: Ô Seigneur, ô maître de tous les pouvoirs surnaturels, si Tu estimes que je peux contempler Ta forme cosmique, montre-moi, je T’en prie, cet Être universel infini.

TEXT 11.5: Dieu, la Personne Suprême, dit: Mon cher Arjuna, ô fils de Pṛthā, contemple maintenant Mon opulence, des centaines de milliers de formes divines, diverses et multicolores.

TEXT 11.6: Ô meilleur des Bhāratas, contemple les innombrables manifestations que jamais jusqu’ici nul n’a connues, et vois les Ādityas, les Vasus, les Rudras, les Aśvinī-kumāras et tous les autres devas.

TEXT 11.7: Ô Guḍākeśa, tout ce qu’à l’instant tu désires connaître, mais aussi tout ce qu’à l’avenir tu souhaiteras découvrir, contemple-le maintenant en Mon corps, cette forme universelle, car tout, le mobile comme l’immobile, est ici rassemblé en un lieu unique.

TEXT 11.8: Mais tu ne saurais Me voir avec tes yeux actuels. Je te confère donc des yeux divins avec lesquels tu pourras contempler Ma mystique opulence.

TEXT 11.9: Sañjaya dit: Sur ces mots, ô roi, Dieu, la Personne Suprême, le maître de tous les pouvoirs surnaturels, montre à Arjuna Sa forme universelle.

TEXTS 11.10-11: De prodigieuses visions se dévoilent aux yeux d’Arjuna. Dotée d’innombrables yeux et d’innombrables bouches, cette forme universelle brandit des armes divines. Elle est vêtue d’habits somptueux et parée de joyaux sublimes, couverte de guirlandes et ointe de parfums célestes. Tout cela est magnifique, étincelant, omniprésent et infini.

TEXT 11.12: Si des milliers et des milliers de soleils se levaient ensemble dans le ciel, leur éclat approcherait peut-être celui de la forme universelle de la Personne Suprême.

TEXT 11.13: Arjuna découvre alors les innombrables formes que renferme l’univers, toutes rassemblées malgré leur infinie diversité en un point unique, la forme universelle du Seigneur.

TEXT 11.14: Alors, déconcerté, frappé d’émerveillement, les poils hérissés, Arjuna s’incline pour rendre hommage au Seigneur, puis, les mains jointes, commence à Lui offrir des prières.

TEXT 11.15: Arjuna dit: Ô Kṛṣṇa, mon cher Seigneur, je vois, en Ton corps réunis, les devas et tous les autres êtres. J’aperçois Brahmā, assis sur la fleur de lotus, mais aussi Śiva, les sages et les serpents divins.

TEXT 11.16: Ô Seigneur de l’univers, ô forme universelle, je vois en Ton corps une multitude de bouches, d’yeux, de bras et de ventres, étendus à l’infini. Il semble n’avoir ni fin, ni milieu, ni commencement.

TEXT 11.17: Avec son éblouissante radiance qui illumine de toutes parts à la manière d’un feu ardent ou d’un soleil au rayonnement infini, Ta forme est difficile à contempler. Je la vois néanmoins partout, cette forme étincelante, parée de multiples couronnes, de masses et de disques.

TEXT 11.18: Tu es le but premier, suprême, l’ultime repos de l’univers entier. Intarissable, de tous le plus ancien, Tu es Dieu, la Personne Suprême, qui soutient la religion éternelle. Telle est ma conviction.

TEXT 11.19: Sans commencement, sans fin, sans milieu, doté d’innombrables bras, d’une bouche d’où jaillit un feu brûlant, Tu incendies l’univers entier de Ta radiance. Le soleil et la lune sont Tes yeux. On ne saurait mesurer l’étendue de Ta gloire.

TEXT 11.20: Bien que Tu Te déploies partout dans le ciel, les planètes et l’espace, Tu demeures une unité indivisible. Ô grand d’entre les grands, les trois mondes sont plongés dans une extrême confusion à la vue de Ta forme terrible et merveilleuse.

TEXT 11.21: Une multitude de devas se soumettent et entrent en Toi. Terrifiés, les mains jointes, certains T’adressent des prières, pendant qu’une foule de sages et d’êtres accomplis s’exclament « Paix ! Paix ! » et prient en chantant des hymnes védiques.

TEXT 11.22: Les différentes manifestations de Śiva, les Ādityas, les Vasus, les Sādhyas, les Viśvadevas, les deux Aśvīns, les Maruts, les ancêtres, les Gandharvas, les Yakṣas, les Asuras et les devas qui ont atteint la perfection, tous Te contemplent émerveillés.

TEXT 11.23: À la vue de Tes visages et de Tes yeux sans nombre, de Tes bras, de Tes ventres, de Tes cuisses, de Tes jambes, toutes et tous innombrables, à la vue de Tes terribles dents, ô Toi dont les bras sont puissants, les planètes et leurs devas sont ébranlés, comme je le suis moi-même.

TEXT 11.24: Tes couleurs multiples, éblouissantes, emplissent les cieux. Face à Tes immenses yeux flamboyants et Tes bouches béantes, la crainte m’envahit, ô Viṣṇu, Toi qui pénètres tout, et je ne saurais demeurer en paix plus longtemps.

TEXT 11.25: Lorsque je vois Tes visages ardents comme la mort, Tes dents terribles, mon esprit chancelle et la confusion m’assaille de toutes parts. Ô Seigneur des seigneurs, refuge des mondes, accorde-moi Ta grâce.

TEXTS 11.26-27: Les fils de Dhṛtarāsṭṛa, leurs royaux alliés, ainsi que Bhīṣma, Droṇa, Karṇa et les plus éminents de nos guerriers, tous se précipitent dans Tes bouches effroyables. J’en vois qui, écrasés entre Tes dents, ont la tête broyée.

TEXT 11.28: Semblables aux nombreux fleuves qui se jettent dans l’océan, ces grands guerriers se ruent dans Tes bouches et s’embrasent.

TEXT 11.29: Je les vois s’y précipiter comme les phalènes qui se jettent dans un feu brûlant et y trouvent la mort.

TEXT 11.30: De toutes parts, ô Viṣṇu, Tes bouches enflammées engloutissent tous ces êtres. Enveloppant l’univers de Ta radiance, Tu manifestes de terribles rayons ardents.

TEXT 11.31: Ô maître des devas, Toi dont la forme est si terrible, je T’en prie, dis-moi qui Tu es. Je Te rends mon hommage et Te demande de m’accorder Ta grâce. Ô Seigneur originel, je voudrais en savoir davantage à Ton sujet, car je ne puis comprendre Ton dessein.

TEXT 11.32: Dieu, la Personne Suprême, dit: Je suis le temps, grand destructeur des mondes, venu engloutir tous les hommes. Vous exceptés [les Pāṇḍavas], tous les guerriers des deux camps périront.

TEXT 11.33: Aussi, lève-toi et prépare-toi à combattre et à te couvrir de gloire. Triomphant de tes ennemis, tu jouiras d’un royaume prospère. Tous, conformément à Mon divin décret, sont déjà tués. Ô Savyasācī, tu ne peux être dans cette lutte qu’un instrument dans Ma main.

TEXT 11.34: J’ai déjà déterminé la mort de Droṇa, Bhīṣma, Jayadratha et Karṇa, ainsi que celle des autres valeureux guerriers. Tu peux donc les tuer la conscience sereine. Simplement combats et tu vaincras tes ennemis.

TEXT 11.35: Sañjaya dit à Dhṛtarāṣṭra: Ô roi, après avoir entendu les paroles du Seigneur Suprême, Arjuna, tremblant, les mains jointes, Lui rend encore et encore son hommage. D’une voix coupée par l’émotion et la crainte, il prononce ces mots.

TEXT 11.36: Arjuna dit: À Ton nom, ô Hṛṣīkeśa, le monde entier s’emplit de joie et, ainsi, s’attache à Toi. Les êtres accomplis Te rendent leur respectueux hommage tandis que les êtres démoniaques, saisis d’épouvante, s’enfuient de toutes parts. Tel est le bon ordre des choses.

TEXT 11.37: Pourquoi ne Te présenteraient-ils pas tous leur hommage, à Toi le plus grand, plus grand même que Brahmā, Toi le créateur originel. Ô Être infini, souverain des devas, refuge de l’univers ! Tu es de tout la source impérissable, la cause de toutes les causes qui transcende la matière.

TEXT 11.38: Tu es Dieu, la Personne originelle, l’être le plus ancien, l’ultime sanctuaire de ce monde manifesté, le refuge suprême situé au-delà des guṇas. Ô forme infinie, Tu es partout présent dans l’univers; Toi qui connais tout, Tu es tout ce qui se peut connaître !

TEXT 11.39: Tu es l’air, le feu, l’eau et la lune. Tu es Brahmā, le premier être créé. Tu es l’aïeul, le maître suprême. C’est pourquoi je Te rends encore et encore, des milliers de fois, mon hommage respectueux !

TEXT 11.40: De devant, de derrière, de toutes parts, je Te rends hommage, ô puissance infinie, maître de pouvoirs sans mesure, Toi qui pénètres tout, et ainsi, qui es tout !

TEXTS 11.41-42: Méconnaissant Tes gloires, je me suis, par le passé, impudemment adressé à Toi par ces mots: « Ô Kṛṣṇa, Ô Yādava, Ô mon ami ». Je Te prie de bien vouloir pardonner tout ce que j’ai pu faire par déraison ou par amour. Que de fois T’ai-je manqué de respect; quand nous plaisantions dans les moments de détente, que nous nous allongions sur le même lit, que nous nous asseyions côte à côte ou partagions le même repas, parfois seuls, parfois devant plusieurs compagnons. Pour toutes ces offenses, ô Acyuta, je Te demande pardon.

TEXT 11.43: Tu es le père de l’entière manifestation cosmique, des entités mobiles et immobiles, le véritable souverain, le maître spirituel suprême. Ô Toi dont la puissance est sans mesure, parce que nul ne T’égale ou n’est pareil à Toi, aucun être dans les trois mondes ne T’est supérieur.

TEXT 11.44: Tu es le Seigneur Suprême que tous doivent adorer. Je me prosterne donc à Tes pieds pour T’offrir mon hommage et implorer Ta miséricorde. Comme un père tolère l’impudence de son fils, un ami l’impertinence de son ami, une épouse la familiarité de son mari, je Te prie de bien vouloir souffrir les fautes que j’ai pu commettre à Ton endroit.

TEXT 11.45: Même si je me réjouis de pouvoir contempler cette forme universelle que je n’avais encore jamais vue, mon mental est saisi d’effroi. C’est pourquoi je Te prie de bien vouloir reprendre Ta forme personnelle. Ô refuge de l’univers, Seigneur des seigneurs, accorde-moi cette grâce.

TEXT 11.46: Ô forme universelle, Seigneur aux mille bras, je désire Te contempler dans Ta forme à quatre bras, coiffé de la tiare, portant la masse, le disque, la conque et la fleur de lotus. Je languis de Te voir dans cette forme.

TEXT 11.47: Dieu, la Personne Suprême, dit: C’est avec joie, Mon cher Arjuna, que par le biais de Ma puissance interne, Je t’ai révélé Ma forme universelle, suprême en ce monde, originelle, infinie et éblouissante, que nul avant toi n’avait jamais vue.

TEXT 11.48: Ni l’étude des Védas, ni les sacrifices, la charité, la piété, ou même les sévères austérités, ne donnent de voir Ma forme universelle. Nul avant toi, ô meilleur des guerriers Kurus, n’a pu Me contempler sous cet aspect-là.

TEXT 11.49: Ma terrible forme t’a bouleversé. Mais que ta crainte se dissipe et que cesse ton trouble. En toute sérénité, contemple maintenant la forme que tu désires voir.

TEXT 11.50: Sañjaya dit à Dhṛtarāṣṭra: Kṛṣṇa, Dieu, la Personne Suprême, dévoile alors à Arjuna, terrifié, Sa forme à quatre bras, puis reprend Sa forme à deux bras pour le rassurer.

TEXT 11.51: À la vue de la forme originelle de Kṛṣṇa, Arjuna s’exclame: Ô Janārdana, cette forme aux traits humains, si merveilleusement belle, apaise mon mental, et je recouvre à l’instant ma vraie nature.

TEXT 11.52: Dieu, la Personne Suprême, dit: Mon cher Arjuna, on ne parvient que fort difficilement à voir la forme que tu contemples maintenant. Cette forme, si chère à tous, même les devas aspirent sans cesse à la voir.

TEXT 11.53: Il ne suffit pas simplement d’étudier les Védas, de pratiquer de sévères austérités, ou de se contenter d’actes charitables ou d’une adoration formelle pour comprendre cette forme que tes yeux spirituels contemplent en ce moment. Nul ne saurait ainsi Me voir tel que Je suis.

TEXT 11.54: Mon cher Arjuna, ce n’est qu’en Me servant avec une dévotion sans mélange qu’on peut Me comprendre tel que Je suis vraiment et Me voir tel que Je suis devant toi. On ne saurait percer autrement le mystère de Ma personne, ô Parantapa.

TEXT 11.55: Mon cher Arjuna, il parvient certes jusqu’à Moi celui qui, lavé des souillures que génèrent la spéculation intellectuelle et l’acte intéressé, s’absorbe toujours dans le service de dévotion pur, celui qui œuvre pour Moi, se montre bienveillant envers tous les êtres et fait de Moi le but suprême de l’existence.